Immersion(Piss Christ) – Andres Serrano – 1987

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Andres Serrano - 1987 - 59,7x40,6

Andres Serrano – 1987 – 59,7×40,6

Cette image est une photographie représentant un Christ sur la croix baignant dans une atmophère ambrée. La croix est vue en légére contre-plongée, de trois quart gauche. Elle est éclairée par une lumière provenant du coin supérieur droit de l’image. Cette lumière, assez particulière, traverse toute la photographie.

Cette photographie a été prise en 1987 par Andres Serrano. Elle appartient une série dans laquelle cet artiste rassemble de nombreuses photographies utilisant les fluides corporels en tant que matière artistique. Cette photographie ne fait pas exception ; son titre, explicite, en donne toutes les composantes : Immersion(Piss Christ). Un titre que l’auteur a voulu clair, afin de décrire l’oeuvre sans ambiguïté. Mais associer le Christ et le mot « pisse » n’a rien d’anodin, est n’est pas passé inaperçu. Une très vive polémique entoure en effet l’oeuvre, qui provoque encore aujourd’hui de nombreux débats.

Andres Serrano à plongé un petit crucifix dans un verre rempli de sa propre urine et de son propre sang. L’artiste a lié une représentation classique du Christ à un fluide corporel bassement humain ; une association souvent qualifiée de blasphématoire par de nombreux chrétiens, qui jugent cette image inaceptable. À chaque fois que la photographie est exposée, les débats sont ravivés, et deux tirages de Immersion(Piss Christ) ont même été irrémédiablement endommagés. Lors de son exposition à Avignon en 2011, Immersion(Piss Christ) avait été gravement vandalisée, et sa présence dans l’exposition « Je crois aux miracles » avait provoqué de très grandes manifestations d’opposition de groupes majoritairement religeux proches de l’extrême droite. Plus encore que l’image en elle-même, c’est le titre qui choque : les accusations de blasphèmes viennent de la relation très étroite entre la pisse et le Christ établie dans la formulation du titre. Le débat a atteint son paroxisme lorsque l’oeuvre a été dégradée à coup de marteaux, ce qui a provoqué d’autres reactions encore plus vives.

Pourtant, le message qu’Andres Serrano cherchait à communiquer et très loin de l’idée de blasphème dont il constamment accusé. Ayant lui-même été élevé dans un milieu chrétien très strict, le regard qu’il pose sur la religion est très particulier. La série de photographies The Church, datant de 1985, représente le milieu de la religion chrétienne à travers les portraits de prêtres ou de nonnes, mais aussi grace au décors d’églises ou d’instruments en relation avec la pratique du culte chrétien. Cette série explore une partie de la population que leur choix de vie place souvent en marge de la société. Cela témoigne du respect et de la fascination d’Andres Serrano pour la religion chrétienne et rend les accusations dont Immersion(Piss Christ) beaucoup moins crédibles.

Par ailleurs, Andres Serrano s’est expliqué du titre de son oeuvre : il s’agissait pour lui de décrire la réalité de sa photographie, non pas de choquer son public (encore moins de blesser les chrétiens, qui pourtant se sont dit heurtés par l’oeuvre). Bien sur, il avait conscience que le titre de son oeuvre pouvait être mal interprêté, mais il devait servir à faire apparaître le vrai message de son travail : dénnoncer l’industrialisation du Christ en tant qu’objet de consommation. Il le dit lui-même lorsqu’il parle de son travail, le crucifix est un objet qu’il considère comme banal aux Etats-Unis. Un objet, non plus un symbole, que l’on utilise dans la mode ou comme moyen de montrer son appartenance à un groupe, sans plus porter attention à la réelle signification du crucifix, et a ce qu’il représente. Andres Serrano veut peut-être rappeler à quel point le supplice de la crucifixion est horrible et infamant. En effet, en plongeant ce crucifix dans l’urine en respectant les codes classiques de la représentation de la crucifixion, il rapproche le supplice du Christ d’un liquide plein de connotations négatives.

Le scandale lié à cette oeuvre est injustifié. Andres Serrano cherche juste à travers cette représentation du christ mort à dénoncer la société de consommation. Il utilise un objet devenu banal pour sa critique. Et ce n’est après tout qu’une représentation et pas le véritable corps du christ.

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